(A.P.Hawzah) -Le mois sacré de Ramadan offre une occasion unique de découvrir un trésor inestimable de sagesse et de clairvoyance Alawite. Dans le dossier spécial « Nahj au Ramadan », nous vous proposons, chers lecteurs et lectrices, des extraits des enseignements de Nahj al-Balagha, commentés par le Hojjat-ol-Islam Jawad Mohaddesi, expert renommé.
La sagesse 145 du Nahj al-Balagha, particulièrement en résonance avec le mois de Ramadan, déclare :
کَمْ مِنْ صَائِمٍ لَیْسَ لَهُ مِنْ صِیَامِهِ إِلَّا الْجُوعُ وَ الظَّمَأُ، وَ کَمْ مِنْ قَائِمٍ لَیْسَ لَهُ مِنْ قِیَامِهِ إِلَّا السَّهَرُ وَ الْعَنَاءُ؛ حَبَّذَا نَوْمُ الْأَکْیَاسِ وَ إِفْطَارُهُمْ.
« Combien de jeûneurs ne retirent de leur jeûne que la faim et la soif ! Et combien de veilleurs de la nuit ne tirent de leur prière nocturne que l’insomnie et la fatigue. Heureux, en vérité, le sommeil des sages et leur rupture du jeûne. »
Tout acte d’adoration — qu’il s’agisse de la prière, du jeûne, de la récitation du Coran ou du pèlerinage — possède une apparence et une dimension intérieure, une forme et une âme. Beaucoup restent enfermés dans l’enveloppe extérieure des rites sans accéder à leur profondeur ni à leur essence. Or, dans chaque acte de dévotion, nous devons aussi réfléchir à son fruit et à son impact sur notre vie.
Le jeûne vise à purifier l’âme, à affiner les caractères et à atteindre la piété. Le Coran lui-même le souligne clairement : le jeûne a été prescrit pour mener l’être humain vers la la piété.
«لَعَلَّکُمْ تَتَّقُونَ»
« Afin que vous atteigniez la piété »
Mais si une personne jeûne sans que cela ne produise aucun changement dans ses actes, dans son comportement ou dans son état d’esprit, quel bénéfice réel a-t-elle tiré de cette faim et de cette soif ?
Il ne faudrait donc pas que notre part du jeûne durant le Ramadan se limite à la faim et à la soif.
Il en va de même pour ceux qui se lèvent la nuit pour prier. On parle du "qā’im" pour celui qui se tient debout dans la prière nocturne, et du "sā’im" pour celui qui jeûne le jour.
Certains accomplissent la prière de nuit, pratiquent la dévotion nocturne et veillent longuement, particulièrement durant le mois de Ramadan où l’occasion est propice.
Mais si leur part de cette prière nocturne n’est que « l’insomnie et la peine », alors quel en est le fruit ? Se réveiller d’un sommeil paisible, se lever, faire ses ablutions, se tenir face au mihrab, se recueillir dans la solitude devant Dieu, accomplir de longues prières… tout cela doit conduire à un résultat.
Car si la prière de nuit ne rapproche pas l’être humain de Dieu, il ne lui restera finalement que l’insomnie, la fatigue et l’effort.
Espérons donc tirer le véritable profit de nos actes d’adoration — de nos prières comme de notre jeûne. Et lorsque le mois de Ramadan arrivera à son terme, puissions-nous sentir que nous avons changé, que nous ne sommes plus exactement les mêmes qu’avant, et que ces pratiques ont réellement contribué à notre édification intérieure.




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